Les berges de la Nive

Entretiens et travaux réalisés

Lors des crues, une rivière cherche à dissiper l’énergie que représente l’écoulement de l’eau en arrachant des matériaux sur les berges ou le fond du lit. C’est le phénomène d’érosion. Ceci participe au bon fonctionnement du cours d’eau, dont le lit mineur évolue au fil du temps. Lorsque des enjeux sont présents sur les rives, il est parfois nécessaire de stopper ce processus d’érosion, notamment en mettant en place des protections de berges. Celles-ci peuvent être en génie civil (enrochements) ou en génie végétal.

Entre 2007 et 2009, le syndicat a mis en place plusieurs protections de berge en rive gauche de la Nive, le long du chemin de halage. Elles ont été exclusivement réalisées en génie végétal, en utilisant la technique du peigne en pied de berge. Cette technique consiste à accumuler et à fixer entre deux lignes de pieux des ligneux dont l’effet est de dissiper la force d’arrachage du courant. En parallèle, la pente du talus de berge est adoucie et revégétalisée a partir de végétaux adaptés aux berges de cours d’eau (saule, aulne glutineux…). L’objectif est de retrouver un talus stable grâce au système racinaire important des végétaux.

Richesses écologiques

Les berges sont des écosystèmes riches et diversifiés. certaines espèces sont dites patrimoniales, ce qui veut dire qu'elles sont menacées où qu'on ne les trouve que sur des espaces restreints. C'est le cas de l’Angélique des estuaires.

Elle est endémique de la façade Atlantique, ce qui veut dire qu’elle ne s’observe quasiment que sur les estuaires de la Loire, de la Charente, de la Gironde et de l’Adour. Décrite en 1860, sa population est estimée à 120 000 pieds (Conservatoire Botanique Sud-Atlantique).

Pouvant mesurer jusqu’à 2,50 mètres, ses feuilles sont très grandes, profondément découpées. Les fleurs sont en revanche très petites, blanches, regroupées en ombelles et légèrement odorantes. Les fruits, oblongs, de 5 mm environ, sont surtout disséminés par l’eau lors des crues.

Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce proviennent de l’anthropisation croissante des milieux estuariens, de la destruction de pieds suite à l’entretien des berges ou de la concurrence avec des espèces exogènes telles que la renouée du Japon.

Menaces

L’homme est le principal vecteur des importations, volontaires ou non, d’espèces exotiques. Certaines d’entre elles peuvent proliférer au détriment des espèces autochtones, elles sont alors qualifiées d’invasives. Les conséquences de cette colonisation sur un écosystème se traduisent le plus souvent par un appauvrissement de la faune et de la flore locale.

L’introduction d’espèces invasives est la deuxième grande cause d’érosion de la biodiversité après la destruction directe des habitats.

Les principales espèces invasives que l’on retrouve le long des berges de la Nive sont l’érable negundo, la renouée du Japon, le ragondin ou la tortue de Floride. Une stratégie de gestion de ces espèces est actuellement en cours d’élaboration par le syndicat en relation avec la MIFEN, une association d’insertion professionnelle spécialisée dans les travaux en environnement.